théâtre. Les fameux Monologues du vagin étaient joués hier soir à Chalon.
Pas de quoi se pâmer !
Une scénographie réduite à sa plus simple expression pour laisser toute sa puissance au texte. Photo M.S.
Vagin par ci, vagin par là. Pas une phrase sans que le mot fatidique ne soit invoqué, violenté, célébré. Mais au final, un spectacle où la platitude rend le rire presque forcé.
Foufoune, kiki, zigouigoui, la boîte à malice, fri-fri, chouinette... Les mots ne manquent pas pour désigner la chose, l'endroit, le réduit que toute femme possède. La chose au centre de tous ces monologues d'un vagin tant de fois nommé qu'on en a presque le tournis, tant cet intime objet, ce réduit secret est pour nombre de femmes, encore source de mystères.
On attendait beaucoup de ces monologues jamais venus à Chalon, on en attendait beaucoup pour diverses raisons. Le texte d'abord et pour une bonne poignée de fans, la présence de Jenifer, la chanteuse qui faisait en province ses premiers pas de comédienne. Disons-le tout net, elle parut bien fade face à une jeune actrice à la fougue aussi flamboyante que ses lèvres laquées. Maïmouna Gueye a emporté le public, disséquant le texte avant de le faire virevolter et de nous le livrer comme une fleur qui s'ouvre. Pareil à ce vagin qu'elle entend bien découvrir.
Instants d'émotions, de drames quand même lorsque le trio évoque les viols dont sont victimes tant de femmes, représailles de guerre où les vainqueurs se payent sur les femmes des vaincus.
Poils, orgasmes, cris et chuchotements
On rit aussi lorsque la vieille dame évoque cette inondation qui au long de sa vie de femme a accompagné chaque émotion charnelle. On rit moins en revanche lorsque des règles attendues voire espérées par les petites filles que l'on a été, on passe à la diatribe contre le tampon hygiénique du coup pas très ragoûtant. « Un vagin ça sent la chatte alors que les pubs voudraient que cela sente le jardin » et le spectacle de prendre un tour grand guignol.
Les poils, l'orgasme, le bruit de l'orgasme, les cris, les chuchotements tout est passé au crible de la parole humaine.
Ève Ensler aurait interrogé 200 femmes pour créer ces monologues. C'est émouvant parfois, drôle, tendre, aussi, mais plat, malheureusement, et même le jeu d'une Marie-Christine Barrault pourtant rompue à l'épreuve n'y change rien.
Et l'on se plaît finalement à rêver de la réponse masculine : les monologues de la prostate. Pourquoi pas !